Randonnée au Pic d’Anie : désert de lapiaz dans le Béarn

Publié le 7 décembre 2023 - Modifié le 21 février 2024

Des randonneurs qui grimpent, des mollets qui chauffent, mais quels paysages ! Le pic d’Anie promet une randonnée d’anthologie, parsemée de panoramas grandioses sur les montagnes des Pyrénées béarnaises. L’occasion aussi de marcher sur le lapiaz des Arres d’Anie, plus grand désert karstique d’Europe.

Des randonneurs qui grimpent, des mollets qui chauffent, mais quels paysages ! Le pic d’Anie promet une randonnée d’anthologie, parsemée de panoramas grandioses sur les montagnes des Pyrénées béarnaises. L’occasion aussi de marcher sur le lapiaz des Arres d’Anie, plus grand désert karstique d’Europe.

Où se trouve le pic d’Anie ?

Avec son sommet pyramidal, impossible de le manquer ! Du haut de ses 2 504 m, le pic d’Anie domine fièrement la commune de Lées-Athas et la vallée d’Aspe, au cœur des Pyrénées-Atlantiques. À ses côtés, les aiguilles d’Ansabère (2 377 m) et la Table des Trois Rois (2 421 m) complètent un trio à l’origine d’une formation géologique emblématique : le cirque de Lescun. Lieu bien-aimé des amoureux de la montagne venus s’extasier sur les cimes vertigineuses du Béarn, le cirque de Lescun est une destination incontournable pour les amateurs de randonnées, qui verront leurs efforts gratifiés par des panoramas exceptionnels sur les vallées et sommets environnants.

Bien que situé en territoire béarnais, c’est pourtant du basque que le pic d’Anie tient son nom. “Auñamendi”, ou la “montagne des chèvres”. Il peuple les légendes pyrénéennes, rendu mythique par des orages soudains et violents, ainsi qu’un brouillard imprévisible qui piégea plus d’un visiteur osant s’aventurer vers son sommet. De quoi nourrir les contes montagnards de la région (et rappeler aux randonneurs l’importance des bilans météo au pic d’Anie).

À présent, il ne vous reste plus qu’à choisir votre itinéraire de randonnée, muscler vos mollets et vous lancer sur les sentiers !

Les parcours de randonnée au pic d’Anie

Pour accéder au sommet du pic d’Anie depuis la France, deux variantes s’offrent aux randonneurs (plutôt aguerris et disposant d’une bonne condition physique, soyons honnêtes). L’une promet un moment inoubliable dans le célèbre lapiaz des Arres d’Anie, et le second offre des points de vue somptueux sur les montagnes du Béarn. Peu importe votre choix, nous pouvons vous garantir que ce n’est pas le moment d’oublier l’appareil photo !

Le sommet du Pic d’Anie depuis Lescun, pour une traversée du lapiaz

Le premier itinéraire, au départ du refuge de l’Abérouat, permet de rejoindre le pic d’Anie depuis Lescun, pour une randonnée aux paysages agréablement variés, suivant une portion duGR® 10, la Traversée des Pyrénées. On serpente à l’abri du bois du Braca d’Azuns, une forêt dont le sol laisse déjà présager l’environnement minéral qui nous attend plus en altitude, puis on débouche sur la cabane du Cap de la Baitch. Doublement utile, cette étape permet de s’approvisionner en eau à l’aller (avant d’affronter le désert karstique), ainsi qu’en délicieux fromage au retour (tout effort méritant récompense).

Et puis, soudain, changement de décor. Le paysage prend des allures de territoire lunaire. Ce sont les Arres d’Anie. Ici, la prudence est de rigueur, car le sentier disparaît et l’orientation se fait désormais à l’aide des cairns disposés de-ci de-là, sous l'œil vigilant des vautours fauves et gypaètes barbus tournoyant dans le ciel. On accède au versant ouest du pic d’Anie, et puis on grimpe, parfois à l’aide de ses mains. De gros efforts physiques à fournir, donc, mais là-haut, quelle vue ! La vallée d’Aspe se dévoile sous nos pieds et, au loin, d’autres grandes cimes pointent vers le ciel, comme le pic de Soum Couy (2 315 m), le pic de Countendé (2 338 m) ou encore le pic du midi d’Ossau (2 884 m).

Le pic d’Anie depuis La Pierre Saint-Martin, une randonnée franco-espagnole

Le deuxième parcours de randonnée permet d’atteindre le pic d’Anie depuis La Pierre Saint-Martin, station de ski de la commune d’Arette (d’où s’élancent chaque hiver les candidats au Trophée du pic d’Anie, course célèbre dans le monde du ski de randonnée). Si l’on tente une comparaison avec le départ depuis le refuge de l’Abérouat, sachez que la fréquentation est moindre depuis La Pierre Saint-Martin, tout comme le dénivelé (vous gagnez 200 mètres). Cependant, prenez garde au soleil dans cet univers de roches calcaires, dépourvu d’arbres et d’ombrage. Mais, ici encore, le spectacle récompense le randonneur, qui gardera longtemps en mémoire ces vues sur les montagnes pyrénéennes.

Col de Pescamou (1 918 m) puis sommet du Murlong (2 053 m), cette fois-ci, le sentier longe l’Espagne et joue avec la frontière, multipliant les incursions dans la communauté forale de Navarre, voisine historique du Béarn et des Pays Basque. Et lorsque le sommet du pic d’Anie se présente enfin, on rejoint les nombreux randonneurs en provenance de l’Abérouat pour se frotter aux quelques passages techniques de l’ascension finale. On absorbe le panorama sur la chaîne des Pyrénées, françaises et espagnoles, on savoure cette vue à 360 degrés, puis vient le temps de redescendre. Le retour promet un autre paysage insolite en effectuant une boucle par le lapiaz des Arres d’Anie, petite merveille géologique qui fait la renommée de la région.

Le lapiaz du pic d’Anie, plus grand désert karstique d’Europe

Frontière naturelle entre la France et l’Espagne, le massif de La Pierre Saint-Martin est un immense bloc de roche calcaire, à l’origine de formations géologiques exceptionnelles. À l’est du pic d’Anie se trouve ainsi un gigantesque désert minéral (le plus large d’Europe), cisaillé de failles et de crevasses : le lapiaz des Arres d’Anie. Désertique, oui, mais pourtant, de vaillantes petites fleurs parviennent tout de même à s’épanouir dans cet environnement hostile, colorant discrètement la base des roches. Gardez donc les yeux bien ouverts, à la recherche de deux espèces endémiques à découvrir le long du sentier menant au pic d’Anie : l’Horminelle des Pyrénées et l’Ancolie des Pyrénées.

Pourtant, par ici, pas une seule trace d’eau à la surface. Pluie et fonte des neiges disparaissent, goutte à goutte, dans les anfractuosités du lapiaz, pour former l’un des plus grands réseaux souterrains au monde. Paradis pour randonneurs, le massif de La Pierre Saint-Martin l’est donc tout autant pour les spéléologues et amateurs de grottes (on vous conseille de visiter l’immense salle de la Verna, pièce maîtresse du gouffre de La Pierre Saint-Martin).

Marcher sur le lapiaz des Arres d’Anie est une expérience saisissante et, surtout, extrêmement silencieuse, marquée par l’absence d’arbres (hormis quelques courageux pins à crochets) et d’eaux de surface. Pourtant, elle ruisselle bien vers les entrailles de la Terre. En tendant (prudemment !) l’oreille au-dessus d’une faille dans la roche, on peut parfois entendre l’écho des gouttes s’écrasant plusieurs centaines de mètres plus bas. Expérience saisissante garantie !